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Avant-première lyonnaise : FOOD COOP de Tom Boothe

 Mardi 25 Octobre, le cinéma Comoedia organisait l’avant-première de Food Coop en présence de son réalisateur, Tom Boothe. À la suite de la projection, il s’est livré à un traditionnel « débat » avec le public. Accompagné par les instigateurs de Demain qui a pour ambition d’ouvrir un « copier/coller » de cette Food Coop américaine à Lyon, Tom Boothe a également partagé l’avancée du projet de La louve, le premier supermarché coopératif et participatif français qui ouvrira prochainement ses portes à Paris.

D’accord, mais qu’est-ce-c’est ?

Food Coop, c’est l’une des plus anciennes coopératives participatives alimentaires des États-Unis. Située à Park Slope, Brooklyn, NY, elle a ouvert ses portes en 1973. Sa superficie est d’environ 1800 m2  dont 650 réservés à la vente. Elle compte seulement 20% de salariés qui gèrent les achats et la comptabilité.  Les 80 autres sont à la fois clients et employés : ils ne sont pas rémunérés mais bénéficient du droit et, on s’en apercevra vite, de la chance, d’y faire leurs courses parmi une sélection de produits moins chers et plus qualiteux qu’ailleurs, contre 2h45 de travail par mois.  Elle compte aujourd’hui approximativement 17 000 membres.


Avant la séance

On m’annonce très vite que la séance affiche complet et qu’en conséquence, il serait judicieux d’arriver tôt. Elle démarre à 20h. Il est 18h40 : j’suis large !

Je pose le pied au Comoedia à 19h41, fière comme pas deux d’être « à l’heure » et découvre la queue : j’suis verte.

Je me positionne en bout de file et attends patiemment qu’on nous fasse avancer. Une malotrue tente de gruger pas très subtilement. Mes années collège dans la file pour la cantine rejaillissent.

On accède enfin à la salle. Je suis calée et plutôt bien placée. Évidemment, je tombe sur LA rangée de copines qui veut TOUS les sièges pour leurs congénères. Elles tentent de m’expédier au siège du bout pour caser les retardataires à côté d’elles, mais rinàfout’ :  je suis indélogeable.

On trouve un compromis et je me retrouve dans le siège-graal : celui du centre. Victoire.

Tom Boothe arrive et présente en quelques mots le film. Les lumières s’éteignent. Il est temps de découvrir Food Coop et ce concept de supermarché participatif qui m’est totalement inconnu.

*

Pendant la séance

Le film s’ouvre avec un plan subjectif. Le côté immersif est annoncé. L’heure et demie qui suit révèlera d’autres idées de mise en scène plutôt efficaces et pertinentes.

Au-delà de la forme, le film donne à rire, comme quand on entend ce membre de la coopérative parler fromage. Il nous donne également à admirer la ténacité de cette femme qui met deux heures de métro/bus du food coop à chez elle, littéralement chargée comme une mule. Impossible de nier que pour économiser et mieux manger, physiquement, le prix à payer reste élevé pour ceux qui n’habitent pas aux abords.

Plus les images défilent et plus on mesure la chance qu’on a de ne pas avoir à faire nos courses à New York. Oh boy. Produits « frais » pourris, prix exorbitants, supermarchés insalubres et trajets éreintants  : la joie, en somme.

Même si ailleurs dans le monde les conditions sont parfois pires si l’on considère qu’au moins, ces gens mangent à leur faim, on n’en reste pas moins effarés : le choc culturel est indéniable.

Le film touche à sa fin et finalement, difficile de ne pas être emballé par le concept même s’il peut être intimidant et susciter quelques doutes. C’est néanmoins positive que je sors de la séance.

*

Après la séance

Les lumières se rallument et certains se pressent déjà vers la sortie. Restent les plus curieux (et sans doute ceux qui ont le temps).

Les questions sont dans l’ensemble intéressantes et reflètent vraisemblablement la curiosité du public pour le projet d’un supermarché collectif lyonnais.

Puis la curiosité fait place à l’étonnement quand j’entends Tom Boothe expliquer que le concept est raillé et dénigré aux États-Unis par des institutions comme le New York Times ou encore le Daily Show. Sans aller jusqu’au boycott du programme, je ne regarderai plus jamais Trevor Noah et Jon Stewart de la même manière (cue dramatic music). Mais le message est clair : il fait pas bon critiquer la grande distribution outre-atlantique !

Les questions continuent de s’enchaîner et certains intervenants sortent vite du lot, comme cette enthousiaste Madame Bio, vraisemblablement plus réceptive au concept comparé à Monsieur Mitigé qui, après avoir posé une question à l’adresse de « Todd » (dommage, c’était Tom) questionne les motivations de l’initiative lyonnaise. Le temps de le moucher en répondant que c’est « pour l’appât du gain ! », la soirée se clôt avec deux mots de l’association Anciela « engagée en faveur d’une citoyenneté active pour une société écologique et solidaire ».


Concrètement

Le film prouve qu’on peut contourner un système (capitaliste) avec lequel on est en désaccord et qui agit contre nous, a priori sans créer de dommages. Encore faut-il se donner les moyens et s’entourer de gens motivés. La noob que je suis concernant l’alternatif, doublée de la défaitiste partie pas ultra convaincue, est ressortie pleine d’espoir. Puisque le gouvernement n’agit pas pour le peuple, pourquoi le peuple n’agirait-il pas pour lui-même ? Vous avez 4h.


Food Coop sort le 2 novembre en salle.

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