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Séries de l’été, partie I : The Night Of

Capture d’écran 2016-08-29 à 17.13.49

Parce que c’était un peu les deux nouvelles séries cûûl de cet été, parlons de  Stranger Things (mais pas aujourd’hui) et The Night Of :

New York – Un jeune étudiant pakistanais se retrouve accusé du meurtre de la jeune femme avec qui il a passé la nuit après l’avoir rencontrée quelques heures plus tôt. S’ensuit sa descente aux enfers que seul un minable avocat semble sincèrement prêt à stopper.

La série est créée par Richard Price et Steven Zaillian et basée sur la mini-série britannique Criminal Justice.

 


The Night Of

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S’il y a bien une chose que confirme la série, c’est l’intérêt grandissant que porte le public au système judiciaire américain à l’ère des succès de Making a murderer et Serial.

Car sous ses airs de classique « drame criminel » saupoudré de ce bon whodunit qui emprunte au passage quelques poncifs aux autres productions en milieu carcéral, la série est en réalité axée sur les rouages d’un système moins intéressé à rétablir la vérité ou la justice qu’à inculper ceux qui tombent malgré eux dans ses filets. Et ce qui intéresse les créateurs, ce n’est pas tant l’issue que le processus et c’est justement ce qui fait que la série est plutôt réussie.

La série évite relativement bien le chemin de la facilité que tant d’autres du même genre ont pris avant elle. En témoigne son final : à la fin de la saison, pas de grosses révélations/réponses. On ne sait pas véritablement qui est le tueur.  Pas de victoire non plus : le verdict est un non-verdict puisque le procès se conclut sur un jury deadlocked, équitablement divisé et ainsi dans l’impossibilité de se prononcer. Si il mène à la liberté de Naz, l’ombre du doute plane néanmoins sur sa fragile innocence pour certains.

Ceux qui diront pour ces deux raisons que la fin nous laisse en suspens se posaient la mauvaise question depuis le départ : il ne s’est jamais agi de seulement savoir si Naz était innocent ou non.  Le réel intérêt était surtout de peindre le bouleversement intérieur de cet anti-héros tragique à travers son odyssée judiciaire, carcérale et finalement, humaine. Les tenants et aboutissants de l’enquête ne constituent que la partie d’un tout, que l’étape d’un voyage dont on ne sait s’il reviendra un jour.naz khan riz ahmed the night of before after

Un voyage dans lequel le personnage de Stone incarné par l’impeccable John Turturro s’est lui aussi trouvé embarqué, comme le montre entre autres l’analogie faite entre ce chat égaré et Naz qu’il parvient finalement, après maintes épreuves, tous deux à sauver.

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Si narrativement les épisodes peuvent parfois être déroutants par leurs ellipses et absence de marqueurs de temps traditionnels, la série n’en reste pas moins prenante dans son économie de moyen : ces éléments sont simplement et intelligemment remplacés par les évènements caractéristiques de la vie d’un prisonnier (passer de victime à bourreau, d’immaculé à tatoué, de passeur de drogue à drogué, etc.). Formellement, c’est sa photographie sombre d’un New York nocturne et d’un Rikers lugubre qui marque les esprits.

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The Night Of est servi par un ensemble parfait (minus la dinde engagée pour jouer la victime) grâce en tête au versatile Riz Ahmed capable de délivrer une performance qui va de Bambi à Keyser Söze, suivi de près par John Turturro qui incarne inlassablement ce poignant loser dont le quotidien est fait de plus de bas que de hauts mais qui parvient à sauver in extremis son protégé dans la plaidoirie d’un écorché vif. Littéralement.

jeannie berlin bill camp john turturro michael kenneth williams the night of cast

Au second plan, il ne faut pas oublier l’antipathique et pourtant merveilleuse procureure Helen jouée par Jeannie Berlin, magistrale dans la scène où elle confronte Naz appelé à la barre ; Le vieux loup las mais néanmoins scrupuleux Sergent Box, interprété par Bill Camp ; Et enfin, Freddy, joué par le charismatique Michael Kenneth Williams  qui, sans jamais faire totalement oublier (l’inoubliable) Omar de The Wire, offre un cameo que la gueuse ne boude pas (comme celui de Bodie, toujours de The Wire par J.D Williams qui incarne un Trevor au bagou impayable).

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Enfin, pour les aspects négatifs (il en faut) le plus gros reproche à faire à la série serait probablement le traitement du personnage de Chandra, l’avocate de Naz, qui oscille entre la prometteuse jeune recrue et l’incompréhensible gourdasse sans jugeote manipulable beaucoup trop facilement. S’il y en avait un second à faire, ce serait la réintroduction maladroite du personnage de Raymond comme dernier suspect en date. (Et pour l’image mentale indélébile de lui en tueur potentiel qui accompagne à présent mes souvenirs de lui en coloc’ salace dans 40 jours et 40 nuits). (Grosse référence).

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8 épisodes dont un premier qui joue brillamment avec tes nerfs sur la fin – Des acteurs au poil – Une intrigue policière volontairement reléguée au second plan pour laisser place à l’étude de la condition humaine et d’un système aux règles questionnables – Des épisodes qui sortent plus du lot que d’autres tout en constituant un tout de qualiteyyy : c’est une série approuvée par la gueuse. 

Dans le prochain billet, c’est la série qui a fait exploser les scores de Netflix qui passe à la moulinette, j’ai nommé : Stranger Things.

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