of men and war cowspiracy rolling papers the hunting ground fed up affiche poster documentaires US à voir

5 (ou plus) documentaires US à voir – #1

La Gueuse recommande (humblement) 5 (ou plus) documentaires made in USA qui, tour à tour, te feront : Pleurer, avoir des envies de meurtres, perdre foi en l’humanité, songer au végétarisme et sourire (parce qu’il était crucial de terminer sur une note légère).


  1.  Of Men and War, ou comment le dur retour de militaires atteints de PTSD (post traumatic stress disorder) tente d’être géré.
  2. The Hunting Ground, ou comment les campus américains (ne) traitent (pas) les viols d’étudiant.es.
  3.  Fed Up, ou comment les grands du pays mentent et empoisonnent éhontément la population sur et avec la bouffe.
  4.  Cowspiracy, ou comment expliquer le rôle néfaste que joue l’industrie agro-alimentaire sur la planète  et pourquoi on s’en cache.
  5.  Rolling Papers, ou comment vivre avec son temps et créer les premières pages journalistiques consacrées à la consommation de marijuana. Wholé !

Le plus émouvant :

1 – Of Men and War

(Des Hommes et de la guerre)

de Laurent Bécue-Renard

of men and war poster affiche

Pendant 5 mois (précédés de 5 autres de pure observation) une petite équipe a suivi quotidiennement un groupe d’anciens soldats pour la majeure partie au sein du centre thérapeutique Pathway Home, créé en 2008 par le pionnier du traitement du PTSD Fred Gusman. Revenus saufs d’Irak, c’est le mental de ces vétérans qui est criblé de séquelles. Marqués au fer par leur expérience, le film observe combien il est difficile pour ces hommes de reprendre le cours d’une vie à jamais changée et de guérir des blessures invisibles.

Dans Of Men and War, il n’est jamais question de faire un pamphlet contre la guerre et ses ravages. Simplement de reconnaître le dur chemin qu’ont à parcourir de véritables soldats une fois rentrés au pays et de mesurer les répercussions qu’a leur état mental sur leur corps et leur entourage. Ils sont douze à emprunter ce chemin au travers de sessions de groupes au cours desquelles l’homme tente de se défaire du soldat.

Le soldat rongé par la culpabilité devant lutter contre son égo pour livrer son expérience, casquette rabattue sur le front, lunettes de soleil vissées au visage qui, bien qu’elles masquent le regard, n’arrêtent pas les larmes ; Le soldat dont le corps, tendu et nerveux, traduit à lui seul la torture intérieure, le souvenir indélébile ; Le soldat qui ne cherche finalement qu’à redevenir l’homme qu’il a une fois été.

Réalisé de manière crue, Of Men and War marque par son authenticité. Mais malgré l’ambiance pesante de ces 2h20, la fin laisse entrevoir de l’espoir pour ces hommes qui continuent à se reconstruire 4 ans après les 5 mois de tournage. Si aucune interviewe de ces vétérans n’est réalisée, on se souvient pourtant de l’histoire de chacun d’entre eux longtemps après le film.

*

restrepo affiche posterÀ voir aussi : Restrepo, de Tim Hetherington et Sebastian Junger. Cette fois-ci, les cinéastes sont littéralement au cœur du combat et accompagnent une unité au sein de leur avant-poste en Afghanistan. Ils y suivent aussi bien les soldats s’entretenant avec les locaux qu’affrontant les ennemis, perdant leurs frères d’armes sous l’œil de la caméra embarquée au front. Restrepo est sans doute le documentaire qui nous immerge le plus dans ce qu’est la guerre moderne.


Le plus rageant :

2 – The Hunting Ground

(Terrain de chasse)

de Kirby Dick

the hunting ground affiche poster

The Hunting Ground est nauséabond. Pas à cause de ce qu’on y voit, mais de ce qu’il nous dit de l’institution universitaire aux États-unis et de ses campus, devenus les théâtres de viols qui se multiplient sans que justice soit faite. À la question « Comment cette ‘culture du viol’ qui touche les jeunes étudiant.es se perpétue-t-elle ? », une réponse simple : l’absence flagrante et inquiétante de répression contre les bourreaux. Le problème ? Le tribunal propre à l’université qui fonctionne en vase clos. De plus, hors de question pour ses dirigeants d’écorcher le prestige essentiel à la récolte des dons d’anciens étudiants et autres âmes charitables pour survivre. Le scandale doit alors être évité coûte que coûte. Leur image de marque rester intacte. Voilà pourquoi aujourd’hui ces universités choisissent délibérément d’agir de manière immorale en étouffant les affaires.

Les cas représentés dans The Hunting Ground montrent ainsi tous les campus agir dans le seul intérêt des universités, jamais des victimes. C’est par exemple ne retirer qu’après la fin de la saison le MVP¹ de l’équipe de football, accusé de viol. Ou encore essayer de minimiser l’écho qu’un témoignage pourrait avoir en prétextant que la victime a mal interprété l’acte de son « ami ». Car le plus inquiétant reste que l’agresseur se révèle bien souvent être une connaissance de la victime et qu’elle agit sans vergogne dans des lieux et événements a priori sûrs : un bar où l’on se fait droguer. Une soirée étudiante où l’on est convié au sous-sol là où attendent plusieurs membres d’une fraternité. Un dortoir où l’on regarde en toute quiétude un film avec un camarade de classe. Le terrain du campus est littéralement devenu « the hunting ground », « Le terrain de chasse » pour ces criminels estudiantins.

À cause de cette vague d’actes perpétrés par des pairs, qu’ils osent qui plus est justifier, on parle aujourd’hui d’une « culture du viol ». Car il n’est pas question ici d’un inconnu dérangé qui attaque. Mais d’une connaissance qui a évolué et continue d’évoluer dans un milieu où l’on peut agir en toute impunité contre la volonté de quiconque, sans que sa vie à elle n’en soit jamais bouleversée.

Face à l‘inaction des universités et l’omerta qu’elles tentent d’imposer aux victimes, des étudiantes ont décidé de se liguer contre leur fac, notamment en créant leurs propres associations pour faire avancer la lutte, se faire entendre du plus grand nombre et changer les mentalités. Un pari courageux pour un triste combat, malheureusement des plus nécessaires.

*

À voir aussi : Du même réalisateur, ce second documentaire démontre lui aussi le problème du jugement en vase clos. Dans The Invisible War, the invisible war affiche posteron nage dans l’absurdité la plus totale où des femmes et hommes soldats violés doivent faire face à la surdité de ceux qui ont le pouvoir. Il s’agit ici de dénoncer l‘univers grotesque du système judiciaire militaire. Un système qui reporte la faute sur les victimes, les accuse d’adultère alors que leur agresseur est le seul coupable et souvent celui qui est marié. Sans parler de la prévention en toc mise en place pour lutter contre le viol où, plutôt que d’éduquer les agresseurs en leur montrant que le viol est un crime inadmissible, on explique aux femmes qu’il est préférable qu’elles rentrent accompagnées à leur baraquement …

Dans l’armée US, 20% de femmes vont se faire violer par ceux qui se disent être leurs « frères ».

*

Ce que ces deux documentaires mettent tristement en lumière, ce sont les ignobles et vrais visages d’institutions qui, dans le seul but de ne pas ternir leur image et perdre de l’argent, tolèrent des actes odieux. À condamner ceux qui subissent et à laisser passer à travers les mailles d’un filet de fumée les vrais fautifs, on assiste aujourd’hui à une montée de crimes et un façonnement dangereux de mentalités abjectes. Des mentalités forgées par l’absence de crainte d’une quelconque punition.


Le plus écœurant :

3 – Fed up

de Stephanie Soechtig

fed up affiche poster

Au long de sa carrière journalistique, Katie Couric (productrice et narratrice de Fed up) a observé  un phénomène inquiétant : la propagation pérenne de l’obésité. Aux États-Unis, on en parle à présent comme d’une véritable épidémie qui touche 17% des plus jeunes (de 2 à 19 ans). L’enquête sur l’origine de cette menace publique révèle un triste constat néanmoins plutôt attendu : l’industrie alimentaire sait pertinemment qu’elle met en danger la santé de la population et le gouvernement s’avère complice.

C’est alors l’occasion de tacler subtilement mais sûrement la première Dame des États-Unis, Michelle Obama et son programme Let’s move par lequel elle encourage les jeunes à avoir une activité physique. Un engagement louable si l’on ferme les yeux sur le fait que ce programme compte parmi ses collaborateurs ces mêmes grandes compagnies alimentaires … Un engagement d’autant plus faussé et erroné que vient contrecarrer la chronique consacrée à une adolescente de 97 kilos seulement âgée de 12 ans, pour qui il est impossible de perdre du poids malgré une volonté remarquable à s’adonner à différentes activités sportives, preuve que le problème est ailleurs.

Pour les moins familiers qui découvrent outrés que, pour ne citer qu’un exemple, chez beaucoup d’américains le soda remplace l’eau à table, le choc des cultures est indéniable. Mais si les mœurs de nos tables varient considérablement, les parents sont pourtant loin d’être les seuls à blâmer. Sur les lieux mêmes d’éducation la nourriture la plus nocive y est servie grâce aux partenariats qu’ont ces écoles avec les compagnies qui produisent ces aliments-poisons.

Si la guerre contre le sucre présent partout est entamée, reste encore à annihiler les lobbyistes qui persistent à affirmer que l’obésité serait le résultat d’un déséquilibre entre les calories consommées et celles brûlées. Encore une fois, à l’origine du mal se trouve une poignée d’irréductibles connards dont le seul but est d’amasser de l’argent, quitte à mettre les plus jeunes sur l’autel de la désinformation.

*

under the gun affiche posterÀ voir aussi : Under the gun, où Katie Couric et Stephanie Soechtig s’attèlent ici à une tout autre épidémie : celle de la violence par armes à feu. Soit LE sujet qui fâche outre-atlantique. Elles examinent la question du « gun control » ainsi que celle des « background checks » notamment auprès de membres de la  NRA².    Le duo s’interroge également sur l’inaction du gouvernement face au nombre croissant de victimes et recueille les témoignages de familles qui ont perdu les leurs lors de tueries comme celles d’Aurora et Sandy Hook. Du côté des pro-armes, on y découvre des scènes assez hallucinantes où des américains font leurs courses au supermarché, mitraillette dans le dos, bébé à l’avant. Pour nous autres, étrangers, ce que le documentaire démontre à nouveau, c’est le manque de recul qu’ont certains Américains : ceux qui dégainent à tout va le 2nd amendement sans jamais questionner une seule seconde leur Constitution ou  re-contextualiser la décision des Pères fondateurs.


Le plus éveilleur de conscience :

4 – Cowspiracy

de Kip Andersen et Keegan Kuhn

cowspiracy affiche poster

Cowspiracy cest d’abord un voyage personnel : celui de Kip Andersen, qui, depuis longtemps sensible à la question de l’écologie, a toujours été soucieux d’adopter un mode de vie qui préserverait au mieux la planète. Mais au cours de ses recherches, un constat suivi d’une question simple a émergé : les grandes ONG environnementales n’abordaient jamais ou trop peu l’impact colossal de l’agriculture animale sur la planète – Pourquoi ? Pourquoi ces organisations environnementales ne parlaient pas du secteur qui causait le plus de dommages ? En se heurtant à ces questions et en refusant qu’on nous mente, Cowspiracy est alors devenu un documentaire d’investigation.

Une fois la caméra embarquée au sein de ces organisations (du moins celles qui ont accepté de parler), les mêmes scènes se succèdent : les porte-paroles sont de toute évidence mal à l’aise face à LA question. Quand ils ne tentent pas de l’esquiver pour ne pas mettre en jeu le montant des futures donations versées à leurs ONG, ils n’y répondent simplement pas. Le titre suggérerait dès lors que ces organisations sont d’une manière ou d’une autre redevables de l’industrie de l’élevage … Même si rien ne le prouve.

Aujourd’hui, l’élevage est responsable de plus de 18% de tous les gaz à effet de serre. Si l’on en parle dans quelques ouvrages qui s’adressent à un petit nombre d’entre nous, les sites mêmes des ONG ne relayent que trop peu l’information, préférant garder secret que l’agriculture animale est la principale cause de destruction des forêts tropicales, de la désertification, de l’extinction d’espèces, de la sur-utilisation de l’eau et de la pollution de la planète. C’est pour quoi le duo a réalisé Cowspiracy : pour que l’information voyage jusqu’au plus grand nombre. Pour stopper les non-dits et révéler ce que certains aimeraient voir rester tapi dans l’ombre, à savoir : que la viande rapporte beaucoup trop pour qu’on diminue sa production, quitte à engendrer de terribles effets sur la planète.

Pour inciter à agir, le documentaire invite quelque peu au végétarisme et véganisme, ce qui lui a valu et lui vaut encore aujourd’hui des avalanches de critiques négatives. Pourtant, c’est en simple défenseur et éveilleur de conscience qu’il propose et engage par le biais du film à changer nos modes de vies et ce, dans le seul intérêt de notre planète. Faut-il le condamner pour ça ?


Le plus étonnant :

5 – Rolling papers

de Mitch Dickman

rolling papers affiche poster

Le documentaire rapporte la mise en place de nouvelles pages peu conventionnelles dédiées à la marijuana  dans le Denver Post, journal local dans l’état du Colorado où la consommation de cannabis est légale depuis 2014. Le film s’ouvre sur une petite échoppe des plus hype puisqu’il s’agit d’un dispensaire où l’offre de marijuana y est mirobolante (sans doute pour ceux qui n’y connaissent rien). Rolling Papers suit majoritairement le rédacteur en chef de la section cannabis, Ricardo Baca, ainsi que ses autres rédacteurs. Et la suite est assez surprenante :

Parmi eux on compte des journalistes relativement classiques qui couvrent la politique de réglementation, mais aussi, wait for it, des experts critiques de cannabis qui comparent les différentes flores et testent allègrement les produits, comme cette mère d’un petit bambin des plus heureuses d’avoir trouvé son dream job, entre deux moments de panique où elle se dit que les services sociaux pourraient incessamment sous peu venir lui enlever le dit bambin.

Là où le documentaire revêt un tout autre visage, c’est quand cette même mère va auprès de familles venues dans le Colorado afin que leurs enfants malades suivent un traitement à base de cannabis. Le débat concernant ses réelles vertus persiste chez les scientifiques et pourtant, la guérison de ces enfants prouve ici qu’une solution alternative et marginale existe. Marginale aujourd’hui, peut-être reconnue demain. Après tout, il est ici question des États-Unis, terre où « tout est possible » !

*

california high affiche posterÀ voir aussi : California high.  En Novembre de cette année  (soit 2016, si tu me lis du futur) l’état de Californie décidera si oui ou non il « légalisera » la consommation récréative de cannabis. Le documentaire passe en revue quelques business « légaux » déjà existants comme ces cabinets où la procuration médicale de cannabis ne requiert qu’une simple carte nominative facilement délivrée (après un rendez-vous plutôt bidon auprès d’un « docteur »). On y explique aussi pourquoi les pro sont pro, pourquoi les anti sont anti et surtout pourquoi certains pro voteront comme les anti. (spoiler : voter « pour » sa dé-pénalisation flinguerait un marché noir lucratif. (Oh ba, what a surprise !)).



Et parce que quand y’en a plus, y’en a encore : deux autres documentaires qui valent le coup d’œil. (Parce qu’on laisse pas les docu dans un coin.) (« Et soudain, elle se désolidarisa de sa propre blague».)

religulous religolo affiche poster

Religulous  de Larry Charles, écrit par Bill Maher 

where to invade next affiche poster

Where to invade next  de Michael Moore.


¹ : Most valuable player (joueur le plus précieux d’une équipe)

² : National rifle association (Association nationale du fusil, soit le lobby des armes)

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