bloodline saison 1 kyle chandler

Bloodline saison 1 : chronique d’un échec

Risque de spoilers à bâbord, tribord, poupe, mât, cale …  alors si t’as pas entamé la série, fuis.

*

 … moi qui croyais qu’on allait bien s’entendre, ô toi nouvelle série printanière 2015 de Netflix. Et quel beau faceplant ! Oui, j’ai été conquise trop tôt et surtout trop aisément. La Gueuse sait reconnaître ses erreurs. Chronique d’un échec, celui d’un rendez-vous manqué entre moi (salut !) et Bloodline en 3 points.

1 – La rencontre

Le show m’a aguichée. Non, ne nie pas Bloodline. J’en veux pour preuve cette affiche promo jolie comme un camion !

bloodline affiche promo

Non mais regardez-moi ce dégré de chill, les perso pieds dans l’eau et … ouuhhh ce ciel menaçant à l’horizon augurant la tempête. Ça ne pouvait vouloir dire qu’une chose :

Oublie la mise en plis Josie :  a storm is coming !

Ou tout simplement qu’il allait y’avoir de l’action ! Et puis  cette petite catchline posée là, l’air de rien : « We’re not bad people, but (y’a toujours un « but ») we did a bad thing ». Conquise j’étais !

Et évidemment, pour couronner le tout, cette bande-annonce :

 

Tout y était pour moi : suspense, drame familial, cadre loin d’être en carton-pâte, casting 4,5 étoiles (la faute à Sissy Spacek), bande-son par Lissie : c’était in da pocket. Je m’étais même laissée à penser qu’un p’tit binge watching pourrait être possible entre nous, l’intégralité de la série débarquant la veille d’un week-end.

J’ai été une gueuse facile.

J’ai ensuite découvert que les créateurs n’étaient autres que ceux de Damages, et là … laisse tomber José, j’étais jouasse et confiante pour l’avenir, je nous voyais déjà mariés deux enfants. Sauf que la série qu’on annonçait comme étant le nouveau « poids lourd de Netflix » s’est révélée … des plus lourdes.

 2 – L’incompatibilité

À lire les avis sur Netflix, c’était à croire qu’avec le reste du public on n’avait pas vu la même série. Ou que je m’étais endormie à la fin du premier épisode et réveillée au dernier. La série était selon beaucoup « captivante ».

Say whaaaaat ?!

Alors qu’il ne se passe RIEN ! Feu vert aux épileptiques : vous pouvez y aller en toute quiétude !

Tout ce qui gravite autour du fil rouge se résume à du vent. J’veux bien que l’histoire se passe en Floride, rapport au zef toussa toussa. Mais grand Dieu ! Avait-on besoin de treize épisodes d’une HEURE chacun pour raconter c’qu’il y avait à raconter ? Non. Ça démarrait pourtant pas trop mal ! En optant pour la carte flashforward qui faisait aussi office de cliffhanger dès la fin du premier épisode, je m’étais dit : « Tu m’as eue série Netflix, je vais pas m’laver d’la journée pour te terminer, wouhouuu ! »  Du déjà vu dans le genre « hameçonnage malin » mais plutôt efficace. Jusqu’à ce que je réalise qu’en fait, c’était pas l’idée du siècle.

Pourquoi ? Parce qu’en nous donnant à bouffer un énorme climax dès le premier épisode, c’est-à-dire la mort de Danny et son frère John qui met le feu au bateau sur lequel il laisse son corps, le défi d’assurer pendant le reste de la saison allait être sacrément ardu ! D’accord, restait à savoir pourquoi et comment. Mais en sachant de base que Danny avait le rôle ingrat du mouton noir de la famille, fallait pas s’appeler Sherlock pour comprendre qu’il allait foutre la merde et s’attirer les foudres de certains. Pour le coup, le « comment » fonctionne plutôt bien : sous ses airs de chef de tribu propret, John  est en fait un gros con immoral. L’autre défi concernait la gestion de l’attente avant d’arriver à la résolution des enjeux.

Et de diou, qu’on peine à y v’nir …

Après 7 épisodes vus lors d’une pénible et longue journée, constatant que l’histoire avançait à un rythme de croisière composée d’octogénaires et que la mer était beaucoup trop calme, j’ai réalisé qu’il y avait incompatibilité entre nous. Malgré tout, je me demandais ce que le reste de l’intrigue, aussi téléphonée soit-elle, avait à proposer (auto-diagnostique rétrospectif du Docteur La Gueuse : maso sur les bords) et surtout : où voulait-on en venir ?

C’est pas toi Bloodline, c’est moi.

J’avais de grosses attentes. Je m’étais réjouie trop tôt. Et la perspective de Ben Mendelsohn me suffisait.

Et tu le butes. DIRECT.

Sans avoir de grands espoirs concernant l’épilogue, je lui ai malgré tout donné une dernière chance en consommant sporadiquement les 6 derniers épisodes pour éviter le burn-out avant que nos chemins ne se séparent et qu’il soit temps de se demander ce qui avait merdé.

3 – La rupture

Où était le problème ? (Si y’en avait qu’un mon bon Monsieur.)

  • Sa lenteur : Morte couille, passe la seconde René. Avec Bloodline, on apprend qu’il y a lent et LENT. Par exemple, le lent de Breaking bad est organique, parfois inconfortable et souvent oppressant. Ce qui veut dire qu’il a réussi à te toucher. Le LENT de Bloodline, lui, te permet de compter tes poils de nez, retapisser tes toilettes et chercher « potence la plus proche » sur google map.

 

 

Même dans les moments où on tente d’instiller une tension aux scènes, c’est rarement une réussite tant rien ne prend.

Le problème qui résulte de cette lenteur, c’est souvent l’annulation de l’effet du flashforward. Parce que même quand on avance, y’a encore une couille in da paté. Tu vas me dire «  mais comment » ?? Tout simplement en comprenant qu’ici, lenteur et flashforward ne sont pas compatibles ! Bloodline, tu peux pas nous filer une longueur d’avance et radoter pendant toute la saison ! L’effet est désastreux : si le spectateur a bien suivi et a pas été bercé trop près du mur, certaines scènes deviennent claires comme de l’eau de roche et la tension recherchée tombe complètement à plat ! Parce que tu nous as DÉJÀ DIT CE QUI ALLAIT ARRIVER triple buse.

Exemple :

Relativement tôt dans la série, on sait que Danny se retrouvera dead dans le coffre de la bagnole de sœurette. Ok. Elle reçoit un appel de ce même bro. OK. Tension palpable. Sœurette sort en direction de la voiture à la vitesse de Nono l’escargot, émue. Bichette. Sauf qu’on sait pertinemment que c’est John, l’autre bro, qui a le téléphone de Danny. Conclusion : l’effet « sœur retournée » = nul.  Prochains inculpés appelés à la barre  :

  • Les maudits flashbacks. Hooooaaaaan si longs, si VAINS (à deux exceptions près). Le souci majeur vient de leur répétition. Par leur biais, le but est de révéler petit à petit un élément clé de l’intrigue : le secret de famille des Rayburn. Un secret qu’on va mettre tellllllement de temps à avoir – à coups du même flashback – qu’on nous pond régulièrement – en y ajoutant des micro-secondes neuves par rapport à ce qu’on nous a déjà servi – sans doute pour donner l’illusion qu’on avance. Mais personne n’est dupe ! Pendant que la famille Rayburn 90’s style te rend visite pour la 107ème fois en sépia, (subtilité de mise en scène pour indiquer qu’il s’agit d’un flashback, je crie ton nom) il est déjà trop tard. Ta transformation en Rose DeWitt Bukater a commencé :

Et comme si ces lourds effets qui tombent à l’eau suffisaient pas, on nous colle AGAIN un cliffhanger, cette fois-ci, à la toute fin de la saison, avec des néons clignotants « REVIENS POUR LA SAISON 2 ».

C’est mal.

 

*

J’comprends Bloodline. Tu t’es dit qu’en suivant le même schéma que Damages, à savoir, nous montrer dans un flashforward dès le début qu’un perso allait mourir, ça allait le faire. Pareil avec ton joli p’tit oxymore qui consistait à nous faire avancer avec les flashbacks. Mais là encore, tu t’es vautré.

S’il fallait malgré tout garder du positif, je saluerais Ben Mendelsohn, soit l’acteur le plus charismatique qui arrive sans jamais trop en faire, à être aussi haï qu’aimé.

Bloodline saison 2, à nous deux !

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